Homélie du Jour de Pâques Enregistrer au format PDF

Père Guillaume de Montgolfier
Samedi 11 avril 2020 — Dernier ajout vendredi 24 avril 2020

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Homélie pour Pâques 12 avril 2020

Nous voici à Pâques, sommet de notre année chrétienne, au terme de notre chemin de carême, dans ce temps si particulier. Cette période de confinement, en nous privant de l’eucharistie vécue en assemblée réunie, nous a conduit à vivre ce chemin en revenant au cœur de la Parole de Dieu.

Dans ce temps qui ne permet pas de faire résonner la parole dans nos églises, nous sommes invités à la lire pour recevoir cette parole qui vient nous rejoindre dans nos maisons.

En cette fête de Pâques, au cours de la veillée pascale nous avons vécu tout un chemin à travers les lectures de la parole de Dieu, un chemin qui nous retrace l’histoire de Dieu avec l’humanité. Ce chemin débute dans le livre de la Genèse avec le récit de la création. Dans ce récit, Dieu se fait connaitre comme créateur, et comme un Dieu qui vient à la rencontre de l’humanité, un Dieu qui veut entrer en relation avec les hommes. Cette histoire de Dieu avec l’humanité se déploie tout au long de l’ancien testament, avec l’histoire si particulière du peuple hébreu, qui se découvre sauvé et aimé par Dieu, et qui reçoit la promesse d’un messie qui va venir porter cet amour de Dieu à tous les hommes.

Cette histoire sainte culmine dans cette nuit de Pâques avec la Résurrection du Christ. Ce chemin c’est celui du temps de carême, c’est aussi celui de toute vie chrétienne, qui se découvre peu à peu aimée de Dieu et invitée à laisser jaillir en elle la résurrection plus forte que toutes nos morts.

La Parole de Dieu, reçue dans la prière, vient donner sens à cette épreuve de la pandémie et du confinement. Que nous dit cette Parole ? Elle vient nous dire que de tous temps les hommes ont été confrontés à des épreuves, maladies, guerres, révoltes…. Parfois des épreuves dues à la fermeture de leur cœur, au péché présent dans l’humanité et parfois des épreuves incompréhensibles, sans raison apparente : cataclysmes et catastrophes naturelles. Mais au cours de ces épreuves, la Parole de Dieu vient nous rappeler que Dieu se fait reconnaitre comme sauveur. Il est celui qui donne vie, celui qui vient sauver son peuple.

Dans cette nuit de Pâques, la Parole de Dieu que nous réentendons, nous redit que Dieu est là, présent au cœur de l’épreuve, au cœur de la mort, et qu’il vient la traverser, la transcender, pour nous donner la Vie. Que vient nous dire cette Parole de Dieu au cœur de notre temps de confinement, que dit cette parole de Dieu au matin de Pâques ? L’ange porte la parole de Dieu : « Il n’est plus ici, il est ressuscité », et puis le Christ lui-même dans l’évangile de la nuit de Pâques donne cette indication : « allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée, c’est là qu’ils me verront. » Ce matin nous ne pouvons pas encore sortir dehors, mais finalement, ne sommes-nous pas comme les apôtres au Cénacle ? ils ont appris la résurrection du Seigneur, ils ont vu de leur yeux le tombeau vide, mais ils restent au Cénacle, dans l’incompréhension, même si leur tristesse est remplacée par l’immense joie de la résurrection. Et puis la Galilée de nos vies, n’est-ce pas tous ces espaces de nos vies que nous gardons fermés à la lumière de Pâques, tous ces espaces de nos cœurs que nous ne laissons pas pénétrer par la joie de la Résurrection ?

Nous restons confinés, mais nous sommes invités à vivre ce temps avec une joie toute neuve dans le cœur ! Faire mémoire de la résurrection est un appel à recevoir le Christ qui se rend présent à notre vie, même pendant le confinement. Comme pour les apôtres enfermés au Cénacle, il peut traverser les murs qui nous séparent du monde pour nous rejoindre.

Accueillons cette nouvelle que porte la résurrection : la mort est vaincue, dans toutes ses dimensions. Désormais, il n’y a plus d’épreuve si grande soit-elle qui ne soit pas visitée par le Seigneur et qui ne soit pas traversée par sa résurrection.

Au matin de Pâques nous découvrons cette vérité de foi : il n’y a plus d’obscurité qui soit sans fin, plus d’obscurité qui ne finisse par être illuminée par l’aube de la résurrection. Alors accueillons cette joie, là où nous sommes, puisque le Christ est ressuscité !

Joyeuses Pâques !

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Homélie Jour de Pâques