Homélie du Dimanche de la Miséricorde Enregistrer au format PDF

Père Cyrus
Samedi 18 avril 2020 — Dernier ajout jeudi 16 avril 2020

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2e dimanche de Pâques / A

Frères et sœurs, en ce dimanche de Pâques, nous célébrons la Divine Miséricorde, initiée par le Saint Pape Jean Paul II en 2000 pour répondre à une demande exprimée par le Christ à une religieuse Polonaise, Sœur Faustine.

Pourquoi le choix d’un tel dimanche pour une telle fête alors que le mot « miséricorde » ne figure dans aucun des trois textes du jour ? Si le mot ne figure dans aucun des textes, des actes de miséricorde y figurent si nous comprenons la miséricorde comme la sensibilité au malheur d’autrui qui par extension peut définir une générosité entrainant le pardon, l’indulgence pour un coupable.

Ainsi donc dans la première lecture tirée du livre des Actes des Apôtres, l’auteur nous dit : « Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun » (Actes 2,44.45). Cet extrait nous montre clairement que l’esprit de miséricorde régnait au sein de la communauté des premiers croyants. Dans l’évangile, les disciples se sont enfermés, toutes portes verrouillées par peur d’être reconnus comme ceux qui ont suivi Jésus. Et voici que Jésus dont ils savent bien la mort, « vient et il est là au milieu d’eux ». Sans un mot de reproche, Jésus offre gratuitement et trois fois de suite la paix à ceux-là qui l’ont laissé seul lors de son arrestation. Il est là non comme un juge qui condamne mais comme le Seigneur, le juge qui fait miséricorde. Il va plus loin : « Recevez l’Esprit Saint. A qui vous remettez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus » (Jean 20,22.23). C’est le texte fondateur des sacrements de la confirmation et de la réconciliation. Non seulement le Christ leur souhaite la paix, mais Il leur donne encore le pouvoir de célébrer le sacrement de la réconciliation. Ceux là qui l’ont abandonné, ceux là qui l’ont nié le vendredi saint. Qu’est ce qu’elle est grande et infinie la miséricorde de Dieu !

Chers frères et sœurs, dans cette situation de la peur du Covid 19, le Christ nous redit les mêmes souhaits : « La paix soit avec vous ». Sa paix nous est offerte chacun ce matin à travers la Parole de Dieu accueillie dans la foi et l’appel de Jésus à Thomas oriente notre attention du côté de la foi en Lui. Nous considérons Thomas comme celui qui manque de foi. Ce n’est pas qu’il manque de foi, car il croit vraiment que Jésus est Fils de Dieu, mais il a besoin d’expérimenter ce qu’il croit. Il a besoin d’expérimenter l’objet de sa foi, et de toucher. Cela fait il avancera sans aucune hésitation. C’est au cœur de cette expérimentation qu’il peut s’écrier, de tout son être, « mon Seigneur et mon Dieu ! ».

Puissions-nous avoir la simplicité et la vérité de Thomas, pour oser chercher les réponses qui manquent à notre foi, pour qu’elle ne soit pas une douce illusion, mais qu’au contraire, elle soit réelle et concrète nous permettent ainsi d’aller jusqu’au bout de notre adhésion au Seigneur Jésus Christ. Lui-même dans sa miséricorde infinie que nous célébrons aujourd’hui nous accorde une telle grâce. Amen

Père Cyrus HOUNGNON

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Homélie du 2è dimanche de Pâques 2020