Homélie du 5e dimanche de carême Enregistrer au format PDF

Père Guillaume de Montgolfier
Samedi 28 mars 2020

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Homélie pour 5e dimanche de carême 29 mars 2020

En ce 5e dimanche de carême, il nous est donné de méditer dans ces lectures, sur la question de la vie et de la mort, avec l’image de la lumière et de l’obscurité. L’Evangéliste Jean est celui qui révèle le Christ comme la lumière du monde, et nous voyons bien avec toute la mention de la lumière au début de l’Evangile, que ces textes nous préparent à la liturgie pascale, en orientant notre regard sur la symbolique de la lumière, et en particulier la lumière du jour qui se lève, la lumière qui brille dans la nuit. Le Christ en nous rappelant que celui qui marche dans la nuit trébuche, nous invite à comprendre que nous ne pouvons pas nous donner à nous même la lumière, nous avons besoin d’une lumière qui nous est donnée pour guider nos pas dans la nuit, dans l’épreuve. Le rapprochement est fait dans les textes de ce jour avec le combat entre la vie et la mort. C’est le Seigneur qui donne la vie, ainsi qu’il le révèle déjà à son peuple par la bouche du prophète Ézékiel. « Je mettrai en vous mon Esprit, et vous vivrez » et le Seigneur appuie cette parole par une promesse : « J’ai parlé et je le ferai ». Paul quant à lui nous rappelle que c’est l’Esprit qui vient en nous pour nous donner la vie. Il s’agit bien d’entrer dans la vie éternelle à la suite du Christ ressuscité, en accueillant l’Esprit Saint en nos vies. Ce que nous pouvons découvrir dans l’Evangile, c’est que la promesse de la vie éternelle ne nous exonère pas des épreuves et de la peine en cette vie. La foi n’est pas une amulette magique contre la peine. Le Christ lui-même a pleuré son ami Lazare. Jésus savait qu’il était vainqueur de la mort, par la grâce de Dieu, et pourtant il pleure. En le voyant touché, saisi d’émotion devant la peine de Marthe, face à la perte de son ami, nous voyons Dieu qui pleure notre mal. Mais il accepte cette peine, parce qu’il sait que le signe de Lazare sera une aide, pour ceux qui le verront revenir à la vie, pour grandir dans la foi. Par ce signe, il continue de révéler qu’il est envoyé par le Père pour donner la Vie. Il invite ceux qui sont là à entrer dans la foi. Voyant Jésus pleurer face au tombeau de Lazare, j’aime à me dire, qu’il nous est donné à contempler l’image du Père qui pleure face à la croix. Il pleure, mais il sait que la croix est nécessaire pour notre Salut. Dieu est source de vie, c’est par le don de lui-même que le Christ vient donner au monde cette vie qu’il a reçue du Père. Dieu est notre Vie, voilà sans doute le message fort de ce dimanche de carême qui nous approche de la Passion et de la Résurrection du Christ. C’est le message que Paul nous adresse dans la lettre aux Romains. Si l’Esprit habite en nous, nous traversons la mort, ou plutôt nous recevons la vie qui vient de Dieu. Alors que nous pouvons, dans cette période de confinement, avoir l’impression d’être dans la nuit, d’être coupé de la vie, en étant coupé des relations avec les autres, nous pouvons mettre notre confiance dans la Parole de Dieu ; il nous a promis de donner vie, « je l’ai dit et je le ferai ». Et lorsque Dieu promet, c’est du solide. Dans notre chemin de carême continuons de faire de la place pour Dieu dans notre vie, de la place pour son Esprit. Dans cette semaine qui vient, pourquoi ne pas prendre l’habitude de commencer nos journées par une prière à l’Esprit Saint ? Qu’il nous aide à garder notre regard et notre cœur tourné vers le jour qui vient.

Homélie du Père Guillaume de Montgolfier

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5e dimanche de carême