Homélie du 3e Dimanche de Pâques Enregistrer au format PDF

Père Pierrick
Samedi 25 avril 2020 — Dernier ajout vendredi 24 avril 2020
Emmaüs Arcabas - JPEG - 40.7 ko
Emmaüs Arcabas

Homélie

Magnifique catéchèse cet Evangile d’Emmaüs ! St Luc semble prendre comme base une célébration eucharistique de maintenant : le chemin, la parole et le pain partagé.

Le chemin d’Emmaüs était d’abord une fuite devant la réalité. Celui auquel on avait cru était mort, alors cette route devenait déroute, déception, débâcle dans laquelle des rumeurs apportées par quelques femmes ne pesaient pas lourd. Et c’est sur ce chemin-là que le Christ les rejoint.

Notre vie aussi est un chemin, qui parfois ressemble à celui des disciples d’Emmaüs. N’est-elle pas, notre vie, semée de désarrois, parfois de déceptions ? En cette période de confinement, nous réapprenons la notion du temps, des relations, de l’intériorité. A chacun de pouvoir tirer les fruits de ce temps inédit : qu’en garderons-nous dans le quotidien qui va reprendre ces habitudes ?

Alors se mettre en route peut signifier aussi aller de l’avant, se diriger vers de nouveaux horizons, s’ouvrir aux autres pour sortir d’un isolement qui étouffe. C’est sur ces chemins-là que le Christ nous rejoint. Les deux disciples sur la route n’étaient pas des ignares. Comme tout bon Juif ils connaissaient les Écritures. C’est vrai, ils avaient les éléments mais pas la clef. C’est le Christ, compagnon de route, qui va la leur donner.

Sur la route de notre vie de croyants c’est ainsi que cela se passe. Il nous faut des clés. En effet, la Parole de Dieu est vivante. Même “enfermée” dans l’Écriture elle prend une forme, une signification toujours nouvelle. Elle s’éclaire, elle s’amplifie et se déploie au fur et à mesure que se déroule l’histoire, au fur et à mesure que se déroule notre histoire.

Accompagnés par l’Esprit de Jésus et de nos frères dans la foi nous aurons sans cesse à déchiffrer la présence de Dieu caché dans le secret des êtres et des situations. Au fur et à mesure tout s’illuminera et s’éclairera à la lumière pascale …

Cette rencontre à travers la parole s’achève par le partage du pain. Depuis l’Eucharistie première, ce partage du pain devient signe du don total du Christ. Le Christ est dans le partage. C’est à ce signe, qu’ils le reconnaissent. Ensuite il “redisparaît” mais il a, pour toujours, transformé, enflammé leur cœur.

Tout au long de sa vie, Jésus n’a cessé de vivre dans un esprit d’amour et de partage avec les hommes. Quelles que soient les circonstances de nos vies, nous pouvons toujours nous dire : Jésus y est passé avant moi, Dieu est là avec moi. Ne doutons jamais de la présence de Jésus au cœur de nos vies : sachons nous mettre en sa présence. Aux yeux du monde, la mort de Jésus sur la croix était un échec le plus honteux et le plus humiliant qu’on puisse imaginer. Par sa résurrection, Jésus nous montre que sa mort sur la croix, c’était la victoire de l’amour, la victoire suprême de Dieu.

Je termine en attirant l’attention sur ce qu’écrivait Saint Jean en répondant sans doute à une question qu’on avait dû souvent lui poser : "Comment pouvons-nous savoir que nous connaissons le Christ ressuscité ? Comment pouvons-nous savoir qu’il vit au milieu de nous et que nous vivons avec lui ?"

Saint Jean répond très simplement mais très concrètement : "C’est en gardant ses commandements", dit-il, que nous pouvons le connaître … que nous pouvons le reconnaître. Vivre de l’enseignement du Christ pour expérimenter sa présence : le conseil est assurément à retenir.

Ce ne sont donc pas les moyens de reconnaître le Christ que nous font défaut. Mais nous fait peut-être défaut la foi, cette foi vive et chaleureuse qui est requise pour lire correctement les signes qui nous sont donnés. Que Dieu augmente donc en nous la foi. Sans elle, nos yeux restent fermés. Grâce à elle, ils s’ouvrent et deviennent comme les yeux des enfants qui voient l’invisible.

La route d’Emmaüs ne fait que commencer … AMEN.

Homélie  -  PDF - 42.3 ko
Homélie