Concert du 25 mars à la Cathédrale de Saint Brieuc.

Maîtrise de la cathédrale de St-Brieuc - Gildas Pungier et l’ensemble Mélismes
dimanche 19 février 2017
par  Sylvie Jugand
popularité : 8%
0 vote

 Les sept paroles du Christ en Croix

Organiste, compositeur, César Franck est surtout connu pour sa Symphonie en ré et son oratorio Les béatitudes . Le chœur de chambre Mélisme(s) propose ici la redécouverte d’une œuvre méconnue, Les sept paroles du Christ en Croix. Ecrite en 1859 pour solistes, chœur et orchestre, elle est ici proposée dans une transcription avec piano et harmonium réalisée par Gildas Pungier, qui permet d’approcher au plus près la dimension mystique et chambriste de cette pièce méditative.

Franck lui-même écrivit pour cette formation instrumentale très en vogue dans les salons parisiens du XIXe siècle et qui fait écho à celle utilisée par Rossini pour sa Petite messe solennelle.

L’œuvre de Franck, qui s’apparente à une Passion, est écrite comme un flm où l’on est tour à tour, à l’instar des solistes et du chœur, spectateur et acteur de cette crucifixion où se succèdent les paroles du Christ et les commentaires et invectives d’un peuple qui se laisse glisser vers la haine. Toute la palette des sentiments humains exprimés dans ces Sept paroles se fait le miroir de nos luttes intérieures comme de celles que vit ce monde d’aujourd’hui si troublé. Une sorte de chemin initiatique vers la lumière, avec l’humilité qu’induit cette version, notamment à travers les couleurs simples, presque populaires de l’harmonium. Cette œuvre a fait l’objet du troisième enregistrement du chœur de chambre Mélisme(s) en 2013.

 Un projet pédagogique

Ce concert est le fruit d’une collaboration entre le chœur de chambre professionnel Mélisme(s) et la Maitrise de la Cathédrale de St Brieuc. Après plusieurs séances de travail en commun, les deux formations partageront la scène lors du concert du 25 mars prochain à Saint Brieuc.

Pour Gildas Pungier, directeur artistique du chœur de chambre Mélisme(s), aller à la rencontre de jeunes chanteurs, les accompagner dans l’appropriation d’une œuvre du patrimoine musical et leur permettre de vivre la préparation d’un concert en compagnie de chanteurs professionnels constitue une aventure humaine forte et répond à la mission que s’est donné l’ensemble de faire vivre des œuvres classiques tout en constituant son public de demain.

 TROIS QUESTIONS A GILDAS PUNGIER

Pourquoi inscrire cette œuvre de César Franck au répertoire de Mélisme(s) ?

A 16 ans, je suis tombé par hasard sur cette œuvre sur France Musique, en plein milieu de mes révisions pour le bac de français. C’a été un choc ! J’étais comme en sidération à l’écoute de cette œuvre à la fois profondément méditative et au déroulement inexorable, et bien sûr du coup je me suis mis à la recherche de la partition et d’enregistrements. Mais à l’époque elle n’étais pas éditée, ni même au catalogue de Franck. Il m’a donc fallu un certain temps avant de pouvoir me procurer cette partition, finalement éditée en Allemagne un peu plus tard.
Mais cette première audition est pour moi un souvenir magnifique, qui m’a donné l’envie de cheminer avec l’œuvre de Franck. Et, bien des années après, la création de Mélisme(s) m’a permis d’offrir au public ma vision de cette œuvre.

Pourquoi cette transcription avec accompagnement de piano et d’harmonium ?

Alors justement, la première fois que nous l’avons donnée avec Mélisme(s) en 2008, c’était dans le cadre d’une tournée d’été en bretagne, dans des lieux trop petits pour accueillir un orchestre orchestre en plus du chœur. Là tout d’un coup est venue l’idée d’une transcription, afin de réduire l’effectif et donc de faciliter notre tournée.
Evidemment, cette version avec piano et harmonium est une référence à la formation utilisée par Rossini dans sa Petite messe solonelle. Franck lui-même a beaucoup écrit de musique de salon pour ces instruments. Ma transcription reste donc dans le cadre stylistique de l’époque et offre, comme alors, la possibilité à l’œuvre de voyager, tout en proposant des couleurs différentes de la version originale de Franck.
J’aime beaucoup l’harmonium, que je trouve à mi-chemin entre une musique très populaire qui rappelle les sonorités de l’accordéon diatonique, et la musique religieuse. Finalement, on pourrait dire que cette association piano-harmonium permet à la musique de Franck de nous toucher encore plus profondément grâce à son caractère plus intime et méditatif. Comme la révélation d’une autre personnalité de l’œuvre.

En quoi ces Sept paroles vous touchent-elles aujourd’hui ?

C’est vrai, je sens que je n’en ai pas encore fini avec cette œuvre qui m’a littéralement scotché à la première écoute ! Finalement, c’est un vrai compagnonnage, avec l’envie récurrente de l’approfondir. C’est ça qui est formidable en musique, on n’est jamais au bout. Et puis, nous avons forcément changé entre temps, ce qui donne une nouvelle vision des choses.
Ces Sept paroles, c’est un film ! La première parole est une espèce de plan-séquence, comme si la caméra se rapprochait progressivement de cette scène sur le mont Golgotha, au départ un peu lointaine, floue, et puis on a la sensation que la musique est comme un travelling qui nous pousse vers le cœur de la scène et vers… le cœur de nous-mêmes, finalement. Et le rôle du chœur est intéressant parce qu’à la fois il commente, un peu comme dans les chorals de Bach, avec cet aspect méditatif, et puis de temps en temps il bascule brutalement et devient ce peuple qui hurle sa haine au Christ (Si tu es Rex judeorum). C’est troublant parce que, en dirigeant cette œuvre, on est happé par une sorte de mysticisme mais ces cris du peuple basculent vers l’opéra. Finalement, cette œuvre nous fait passer par toutes ces émotions humaines qui cohabitent en nous, c’est ce qui nous ramène à notre histoire individuelle. Et en ces temps si troublés, cette démarche vers l’intérieur prend tout son sens !

PROGRAMME -

1re partie
2e partie
César Franck - Les sept paroles du Christ en croix
Gabriel Fauré

Richard Quesnel

Gabriel Fauré

César Franck

Gildas Pungier
Cantique de Jean Racine
Tantum ergo

Salutaris hostia

Ave verum
Maria Mater Gratiae

Ave Maria

Ave Maris Stella
Prologue
Parole 1
Parole 2
Parole 3
Parole 4
Parole 5
Parole 6
Parole 7
« O vos omnes »
« Pater, dimitte illis »
« Hodie mecum eris in paradiso »
« Mulier, ecce flius tuus »
« Deus meus »
« Sitio ! »
« Consummatum est »
« Pater, in manus tuas »


Commentaires

Bouton Vimeo Bouton contact Bouton farebookBouton Twitter Newsletter
image Jésus
image Noel
Bannière denier
Image textes et saint du jour

Agenda

<<

2017

>>

<<

Décembre

>>

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
27282930123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031